Img_Magritte_The_False_Mirror

 

A plusieurs reprises dans les billets précédents, nous avons parlé de l’image de soi et il est peut-être utile de préciser ce que nous entendons par là. 

Au départ, l’enfant n’a pas conscience d’être séparé de ce qu’il voit, sent, etc. Puis peu à peu il va apprendre qu’il est quelqu’un et chercher à savoir qui il est. Il n’est pas question de faire ici un cours sur le développement de l’enfant, mais juste de donner des bases pour la suite de notre propos. Et pour ce qui est énoncé là, il nous suffit de remonter dans nos souvenirs pour vérifier ce processus tout simple. 

Il va donc chercher à savoir qui il est au travers de ce que les autres disent de lui, et par comparaison avec ceux qui l’entourent. Peu à peu il va définir une image intérieure de lui-même qui englobe son image physique, celle vue dans le miroir et son image psychologique, celle que les autres lui renvoient (proches, éducateurs, etc.) ainsi que son identité… C’est à dire : sa personnalité. 

Selon son milieu et sa culture, il va ainsi définir des aspects de lui-même qu’il va cataloguer comme bons ou mauvais : tu es sage, tu es vilain, tu es idiot, ou intelligent et bien d’autres qualificatifs dont son entourage va l’abreuver. Ces qualificatifs vont davantage lui parler par “l’intention” contenue dans la parole que par le mot lui-même: “tu es vilain” prononcé avec un ton de reproche, va mettre le mot “vilain” dans la catégorie mauvais, désagréable. Et ainsi de suite…

Et en même temps il va ressentir la vérité ou la fausseté des qualificatifs qui lui sont attribués. Au total va se construire une image maladroite, un mélange de vrai et de faux, une image floue, pastichée mais qui fera l’affaire au début.

Puis, en grandissant, il va pouvoir peaufiner cette image qui va s’enrichir de ses propres idées sur le monde et les gens.

Or, justement, le monde et les gens vont réagir à cette image que l’enfant a de lui car ce dont l’enfant (mais aussi beaucoup d’adultes) n’a pas conscience, c’est qu’il croit tellement être cette image, qu’il “vibre” ainsi, c‘est à dire qu’il fonctionne comme un émetteur radio qui envoie une fréquence qui dit “je suis ceci, pas cela, comme ci et comme ça”, et qu’ainsi il va se mettre en résonnance avec le monde qui lui répondra selon ses croyances. Il en sera de même avec l’image qu’il aura du monde et des autres. 

Avez-vous eu l’occasion de remarquer que certaines personnes attiraient toujours certaines situations? Et bien c’est ce mécanisme qui est à l’œuvre. En fait le monde va agir comme un miroir destiné non plus à nous révéler notre image physique mais l’image que nous avons de nous-mêmes et du monde. Et il le fait à la perfection.

Nous sommes donc “programmés” depuis notre enfance et nous allons maintenant nous déprogrammés afin d’être, non pas ce que les autres nous ont dit que nous étions, mais ce que nous sommes réellement. 

“Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux”. Il s’agit non d’une connaissance acquise à coup d’études psychologiques, métaphysiques, philosophiques ou autres, mais de la connaissance directe de qui nous sommes grâce au miroir “monde”. Car, pour l’instant, nous vivons chacun dans un monde, le notre. Chacun de nous a une “image de soi” et une “image du monde”. Le but étant de s’en libérer afin d’être soi dans le monde. Nous serons alors tous dans le vrai monde en étant notre vrai soi, un et unique.

Pour cela il va nous falloir nous débarrasser de ce que nous ne sommes pas.

Dans les précédents billets il était donc question de cette image et surtout de la mauvaise image que nous avions de nous. Si parmi vous certains ont grandi dans l’amour inconditionnel de leurs parents, c’est une bénédiction! Mais pour la plupart nous avons cruellement manqué de cet amour inconditionnel et nous nous sommes crus misérables. Peut-être pas dans tous les domaines de notre vie, mais en tout cas dans un certain nombre. 

L’amour inconditionnel dit : “je t’accepte tel que tu es, je t’accueille tel que tu es, tu peux entrer chez moi, ma porte t’est ouverte”. Nous avons souvent eu la porte claquée au nez, même quand nous offrions notre amour à nos parents, car les enfants aiment leurs parents inconditionnellement et vont tout faire pour les rendre heureux, quitte à se maltraiter eux-mêmes à coup d’efforts, de contrôles, de deuils successifs (spontanéité, créativité, imagination etc.), parfois sans grand succès, ou alors ils vont ruer dans les brancards, mais le résultat est le même. 

Le résultat va être cette mauvaise image de soi qui va fonctionner comme un émetteur et ainsi l’enfant catalogué, par exemple, “idiot” va malgré lui se retrouver en position d’idiot ce qui viendra confirmer son qualificatif et finira par lui faire vraiment croire qu’il est idiot.

 

Nous avons donc une image avec de bons aspects, qui eux, ne posent pas problème. Ce sont les mauvais aspects qui vont nous enquiquiner. Ceux qui nous donne une mauvaise image que nous allons essayer de réparer à coups de “maquillage” afin d’avoir une bonne, mais fausse, image de nous. Ce maquillage peut marcher à nos yeux mais pas aux yeux du monde, de “notre monde” qui lui reste sensible à notre vibration et va donc continuer à nous renvoyer la mauvaise image.

Alors que faisons-nous? Nous rajoutons une couche de maquillage, un habit supplémentaire, nous nous couvrons davantage. Mais rien n’y fait, tôt ou tard le monde répond , encore et toujours, à cette vibration. 

Le seul et vrai moyen n’est pas la chirurgie esthétique, c’est la chirurgie réparatrice celle qui consiste à rendre l’aspect originel, qui va éliminer non pas quelques distorsions, ou ablations, ou ajouts qui ont modifié notre être originel, mais tout réparer de façon à ce que l’image que nous avons de nous devienne identique à ce que nous sommes, si identique qu’elle sera transparente et disparaîtra. 

Bref : nous serons libres de toute image, et en étant libres de toute image de nous-mêmes, nous serons également libres de toute image du monde. 

Prêts à sortir de prison?