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Pour illustrer la colère j’ai trouvé cette image sur un blog 

http://www.encyclopedie-incomplete.com/?Que-Faire-De-Ma-Colere 

dont je vais aussi vous donner un extrait:

La colère

Une émotion régulatrice.

Les émotions sont des énergies qui nous mettent en mouvement.
[…]

Et, de toutes les émotions, la colère est l’une des plus énergisantes. Elle nous invite à la défense du territoire, des êtres proches, de tout ce qui compte pour nous. C’est une énergie qui nous donne de la force, affirme notre valeur. Mais si elle permet de booster l’ego, elle a tendance à mettre en danger les relations. Il faut parfois des années pour réparer les conséquences d’une colère avec un ami. […]

Ce n’est pas par hasard si la colère est souvent l’attribut des puissants. Attila avait des colères légendaires. Plus près de nous, l’ex-président américain Bill Clinton et, en France, Nicolas Sarkozy ont eu des excès du même type. Ils peuvent se le permettre, leurs collaborateurs ne les quitteront pas pour cela : la relation est sous contrainte. 

Fin de la citation, j’en profite pour ajouter que s’il existe un droit de copyright pour cette photo, merci de me le signaler. 

Il a plusieurs choses intéressantes dans cet extrait d’article car il reprend assez bien les idées collectives sur les émotions et sur la colère en particulier. 

Les émotions sont des énergies qui nous mettent en mouvement”. En effet “motion” veut dire mouvement. Si nous nous appuyons sur nos émotions pour nous mettre en mouvement c’est que nous avons quelque peu abimé notre moteur principal que sont nos sentiments. Nous ne sommes plus ou pas assez mus par nos sentiments car ils sont dévoyés, mutés en émotions, colorés par quelque chose. Chaque émotion est un sentiment coloré par notre fausse image de nous. D’ailleurs l’exemple nous est donné dans cet article comme nous allons pouvoir le voir. Nous ferons un billet là dessus, le sujet mérite développement. 

La colère est une émotion régulatriceEt, de toutes les émotions, la colère est l’une des plus énergisantes. Elle nous invite à la défense du territoire, des êtres proches, de tout ce qui compte pour nous. C’est une énergie qui nous donne de la force, affirme notre valeur”. 

Voilà la justification de la colère : elle nous rend forts et affirme notre valeur, nous permet de nous défendre. Il est donc normal que nous soyons en colère pour nous affirmer et être forts. Du moins c’est que nous dit notre mental. Pourtant, avons-nous vraiment besoin de nous mettre en colère pour défendre nos valeurs? Regardons cet homme en colère, que cherche-t-il à faire? 

Il cherche à faire peur et à s’imposer. 

Comme dit dans le court extrait cité : “la relation est sous contrainte”. 

Allons-nous, nous qui avons tous plus ou moins vécu cette crainte face à la colère de quelqu’un qui cherchait à nous contraindre, l’utiliser à notre tour pour défendre nos valeurs? 

En fait, derrière cette émotion colère existe peut-être (ce n’est pas toujours le cas) un vrai sentiment, un sentiment qui dit : ok, les choses sont ainsi mais, là, stop, ça suffit, elles ne peuvent pas continuer ainsi. Et ceci peut être dit sans colère, mais simplement, comme un affirmation de notre sentiment, avec la force de notre être, c’est à dire avec la totalité de ce que nous sommes. 

Si vous dites à un enfant : stop, ça suffit, avec cette présence-là, il va immédiatement comprendre qu’au delà de cette limite son ticket n’est plus valable. Sauf que, bien souvent nous n’avons pas cette force-là, alors nous allons la puiser dans la colère. C’est en ce sens qu’il était dit un peu plus haut : l’émotion est un sentiment dévoyé. Cette colère est notre sentiment que “ça ne doit pas continuer ainsi”, colorée par notre faiblesse camouflée en force, voir en violence. 

Poursuivons :”Mais si elle permet de booster l’ego, elle a tendance à mettre en danger les relations. Il faut parfois des années pour réparer les conséquences d’une colère avec un ami”. 

Qu’est-ce donc que cet ego qui a besoin d’être boosté? Qu’est-ce donc si ce n’est l’image que j’ai de moi, cette image qui dit “je suis untel, j’ai tels attributs, je suis comme ceci et comme cela”, cette image dont nous avons pris conscience maintenant qu’il s’agit d’une mauvaise image (Nous reviendrons là-dessus pour bien comprendre cette idée “d’image de soi”)? Pourquoi a-t-elle besoin d’être boostée? Serait-elle trop faible? 

Continuons :”Ce n’est pas par hasard si la colère est souvent l’attribut des puissants. Attila avait des colères légendaires. Plus près de nous, l’ex-président américain Bill Clinton et, en France, Nicolas Sarkozy ont eu des excès du même type. Ils peuvent se le permettre, leurs collaborateurs ne les quitteront pas pour cela : la relation est sous contrainte. “ 

Voilà maintenant le paysage devient clair : nous avons besoin de la colère pour paraitre puissants. Si nous avons besoin de cela c’est que l’image que nous avons de nous est l’image de quelqu’un de faible. Derrière notre colère il y a notre faiblesse, celle d’un enfant qui ne peut pas défendre ce qui lui tient à cœur, un enfant impuissant face aux arguments de ses parents ou de toute autre autorité qui se pose comme sachant mieux que lui ce qui, par exemple, est bon pour lui. 

Alors pour se défendre l’enfant va se mettre à raisonner, à conceptualiser le monde comme les adultes, à juger ce qui est bon ou non, bref à construire son idée mentale du monde afin de le rendre “acceptable”. Parce qu’au départ le monde qui lui a été imposé lui est apparu inacceptable. 

Ainsi nous continuons à être en colère face à l’inacceptable. Légitime, direz-vous. 

Et bien, il n’y a qu’à voir où cette soi-disant légitimité nous a amenés. Juste quelques guerres, par ci par là. Légitimes elles aussi… 

Vraiment? Qu’en pensez-vous?