Poursuivons avec la colère et cette fois-ci je vous propose une autre image, bien plus proche de ce qu’est un individu en colère :

   

                              col_re

 

Voilà la colère, un petit roquet qui veut se faire entendre car il se trouve trop petit. 

Avez-vous remarqué que les petits roquets aboient beaucoup plus que les grands chiens? 

Alors penchons-nous sur nos colères, regardons nos “justes” colères et écoutons ce qu’elles nous disent. 

Elles nous disent : je veux défendre mes idées, mes idéaux, je veux que les choses soient comme je le désire, je veux qu’on m’obéisse, ou me respecte, je veux…. 

Bref, je veux simplement que l’enfant en moi soit accepté tel qu’il est, avec ses choix et ses désirs, avec ses besoins et ses valeurs. Juste accepté tel que je suis, même si je suis faible, handicapé, laid, inintelligent, sauvage, etc.. Et j’ai raison de le vouloir sauf que… 

Derrière notre colère ce sont les parts de nous qui n’ont pas été acceptées qui cherchent à s’exprimer. 

Commençons par regarder ce qui nous met en colère et prenons, par exemple, au hasard, notre colère face aux péchés des autres. Nous allons utiliser aujourd’hui un outil développé par Jung : le retrait de projection. 

Qu’est-ce que le retrait de projection? 

Et pour commencer qu’est-ce qu’une projection?

Freud dit : une projection « est une perception interne et réprimée, et comme substitut de celle-ci, son contenu arrive à la conscience en tant que perception venant de l’extérieur», « quand les parents projettent sur l’enfant les péchés qu’ils croyaient avoir étouffés en eux-mêmes » dit Jung,

Mais pas seulement sur les enfants. Nous projetons sur tout le monde nos propres erreurs. Il y a 2 petites phrases très courantes qui en parlent bien :

“Comme on est on croit les autres”.

“C’est celui qui le dit qui l’est”. 

Le retrait de projection consiste donc à cesser d’accuser l’autre de nos propres erreurs. 

Ainsi chaque fois que quelque chose ou quelqu’un nous met en colère, profitons-en, cette personne nous tend la perche dont nous avons besoin pour regarder en nous-même : je ne supporte pas sa gourmandise = je suis gourmand(e) et je ne supporte pas ma gourmandise. 

Pourquoi, me direz-vous, je peux très bien ne pas être gourmand et ne pas accepter que l’autre soit gourmand? 

En fait, si vous n’étiez pas gourmand, vous verriez que l’autre l’est sans que cela vous mette en colère. Vous le verriez tout simplement. 

Si une part en vous REAGIT, c’est qu’elle est touchée. Il est bien question de réaction pas d’action, ce qui est différent. La réaction est d’ailleurs souvent ressentie comme s’il nous était impossible de faire autrement tout en sentant bien que nous ne posons pas l’acte juste pour nous. 

Chaque fois que nous ne supportons pas un comportement ou une situation ou… il suffit de s’arrêter et de regarder en soi : ce que nous supportons pas ne se trouve pas là-bas, mais ici. 

Oui, chaque fois que nous sommes en colère c’est que les choses ne se passent pas comme nous le voudrions. Elles nous dérangent. Et c’est justement la part de nous qui est dérangée qui a “appelé” cet évènement, cette personne, pour être vue et entendue. 

Quel beau cadeau, n’est-ce pas, de pouvoir rencontrer quelqu’un qui nous propose de voir en nous ce que nous cherchions à cacher avec tant d’énergie, à nier avec tant d’arguments? 

Quel beau cadeau que de pouvoir voir ce que nous ne voyions plus et de nous en libérer pour laisser revenir  à la place nos vraies valeurs, notre véritable être, nos véritables sentiments, bref notre vérité. 

Car notre vérité ne peut jamais être conceptuelle, sinon ce n’est que lettre morte, idées préconçues, remâchées et mises au goût du jour, conditionnées par notre culture, notre temps, mais pas la vérité vivante dont nous sommes faits. 

Désirons-nous retrouver notre vérité?