…par les préparatifs!

Avant de s’engager dans la dense jungle de nos péchés (dense parce que nous avançons un peu à l’aveuglette), il va nous falloir préparer le matériel que nous allons utiliser :

1- L’intention

L’intention est l’outil premier car sans l’intention d’explorer, de se connaitre, pas de voyage, pas de surprises, pas de beauté à révéler, pas d’exclamations à pousser, bref, rien de nouveau à découvrir. Et même si parfois le voyage est un peu rude et la pente un peu raide, le sommet vaut le coup d’œil.

En tout cas c’est ce que nous subodorons, sinon nous n’entreprendrions pas un tel périple.

Il nous faut aussi l’intention d’être honnête avec nous-mêmes à défaut d’être honnêtes avec les autres. Nous n’avons de compte à rendre qu’à nous-mêmes et si nous entreprenons ce voyage c’est pour voir le paysage et non se cacher ou fermer les yeux.

L’intention se met en place toute seule, un peu comme quand nous feuilletons un magazine de voyages et que l’impulsion nous vient tout à coup : “j’aimerai bien aller là-bas”. Nous avons senti que cette destination avait quelque chose de spécial pour nous et quelles que soient les démarches à faire, aussi pénibles soient-elles, nous les faisons allègrement.

2- Le ressenti

Nous parlions ci dessus d'avoir “senti”. Notre ressenti est le baromètre immédiat et précis qui nous pointe à chaque instant la couleur de l’évènement que nous sommes en train de vivre. Malheureusement ce ressenti a bien souvent été écarté de nos “sens” pour laisser la place à la raison qui a pour avantage d’être apparemment moins douloureuse et moins inconfortable.

Apparemment, parce qu’en fait notre raison a la fâcheuse habitude de transformer notre réalité en une réalité plus plaisante mais illusoire. Il est très facile de se cantonner dans son mental pour se raconter l’évènement avec moultes commentaires, et moultes améliorations qui, en fait, vont nous écarter de la vraie route sur laquelle nous étions censés marcher; ou encore d’analyser à grand renfort de “donc”, “mais”, “et si..” qui nous éloignent, doucement mais surement, de la réalité.

Si nous avions l’habitude d’utiliser notre mental pour avancer, il y a fort à parier que nous nous éloignions de nous et de notre source divine, et que nous allions, plus ou moins consciemment, dans la direction opposée tout en nous demandant pourquoi nous n’étions pas encore arrivés à bon port.

Or, même si nous ne l’écoutons pas, notre ressenti est là, intègre et sans illusion. Il parle clair et nous dira à chaque instant si nous sommes en phase avec ce qui est en train de se passer ou si nous sommes à la dérive.

Bref, il a de multiples choses à nous  dire, des plus sereines aux plus tumultueuses.

3- L’attention

L’attention (et non la concentration qui est une attention réduite à un point) est innée elle aussi, elle est à l’œuvre spontanément quand quelque chose nous intéresse et nous avons tous fait l’expérience en classe, d’être hyper-attentifs aux sujets qui nous captivaient et d’avoir beaucoup de mal à maintenir notre attention sur les cours qualifiés de “barbants”.

Aussi l’attention se met-elle en route spontanément si nous sommes intéressés par ce que nous allons découvrir à chaque instant dans ce qui nous parait être un territoire inconnu mais qui n’est en fait qu’un proche territoire que nous avons cessé d’explorer il y a plus ou moins longtemps suivant nos âges respectifs.

Nos outils sont donc gratuits, accessibles à tous et performants, même si, pour certains, ils ont besoin d’être un peu affutés.

Il ne reste plus qu’à enfiler notre tenue d’explorateur-aventurier qui normalement est la tenue d’Adam et Eve, à savoir : à poil!

Or nous sommes loin d’être nus. Nous allons donc devoir nous débarrasser de tous les masques, les faux habits d’apparats, ou d’apparence, que nous portons, bref nous n’allons plus à un bal costumé mais nous baigner dans les eaux pures, limpides et délicieuses de notre êtreté. Il nous faudra donc quitter peu à peu tous ces oripeaux, quelle que soit la valeur virtuelle que nous leur avions attribué.

Et c’est ainsi qu’équipés de notre intention-attention-ressenti (ou encore dit plus simplement : de notre présence à nous-mêmes) tout en nous débarrassant peu à peu des voiles plus ou moins épais dont nous nous étions couverts, nous sommes presque prêts à nous lancer dans notre aventure.

Que nous manque-t-il donc?